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CD Review-So The Journey Goes-Ethnotempos-France |
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Si le terme « Autorickshaw » désigne un véhicule motorisé à trois roues utilisé en Inde, il s’agit également du nom d’un tout jeune groupe formé au Canada, roulant sa bosse depuis 2003 entre musique indienne et jazz. A défaut de trois roues, ce sont les quatre musiciens qui le constituent (Suba SANKARAN à la voix, Ed ANLEY aux percussions et tablas, Debashis SINHA aux percussions, Rich BROWN à la basse et au pandiero) qui nous entraînent en voyage le temps de leur nouvel album intitulé So the Journey Goes. N’oublions pas de mentionner les quelques invités venant pimenter cette belle production : Kevin BREIT (guitare), George KOLLER (dilruba), Mark Mc LEAB (batterie), le Hannaford Street Silver Band (cuivres), John GZOWSKI (guitare) ainsi que Trichy SANKARAN, éminent percussionniste indien et père de Suba SANKARAN (mrdangam, kanjira, solkattu). So the Journey Goes, nominé aux Junoawards 2008, se situe plutôt dans la mouvance actuelle de la « world music ». Petit dernier d’une famille de trois albums, (Autorickshaw en 2003, Four Higher en 2004), il s’inscrit dans la démarche de ses aînés, notamment par la reprise de chansons issues de différentes traditions musicales. On connaît déjà les reprises étonnantes de Caravan et Night in Tunisia dans Four Higher, cette fois Suba SANKARAN quitte les standards de jazz pour la chanson folk américaine avec une reprise de Bird on a Wire de Leonard COHEN. Si le mélange de diverses épices issues de traditions musicales différentes donne parfois un résultat douteux, il s’agit cette fois d’une savoureuse réussite. L’alchimie est subtile, et l’album ne se contente pas de superposer une rythmique jazz, une instrumentation indienne et quelques touches de « pop » pour enrober le tout. Dès le premier morceau, inspiré du raga d’Inde du Sud Chalanata Raga, une rythmique imparable donne toute crédibilité au reste de l’album. La basse porte le son de tout blues qui se respecte, tout en insufflant à son chant une technique de jeu issue de la tradition musicale indienne. Suba SANKARAN scatte avec aisance, et un groove incroyable emporte les musiciens pour la première étape de ce voyage. Les éléments de la tradition musicale indienne ne manquent pas non plus, et n’ont rien d’un plagiat grossier. La finesse d’interprétation est évidente : mélismes vocaux, principe du koraippu dans le morceau Chana (division en valeurs de plus en plus brèves d’une même phrase mélodique), utilisation des sept « swaras » (syllabes solfégiques)… AUTORICKSHAW n’a cependant pas pu résister à glisser dans ce nouvel album le soupçon « bollywoodien » qui ne manque pas de faire sourire l’auditeur, clairement énoncé dans le morceau Aaj Ki Raat tiré du célèbre film Anamika. Il fallait bien une légère touche de kitsch cuivré pour relever le tout ! Une dernière remarque sur le contenant : l’illustration de l’album est sobre, agréable et correspond bien à la sensualité jazzy de la chanteuse, et on peut apprécier la courte description écrite faite pour chaque morceau, notamment la mention des différents emprunts à tel ou tel raga, la technique utilisée etc. C’est une honnêteté qui n’est plus à négliger de nos jours, surtout dans les domaines des musiques dites « du monde » où les mélanges sont tels qu’il est désormais difficile de définir ce qui est authentique et ce qui ne l’est pas.
Chloé Breillot, Ethnotempos, France
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